Ce matin, j’me suis réveillé. No Fake, True Story. J’me suis levé, du mauvais pied. J’ai déjeuné puis j’ai bougé. L’avantage de se lever aux aurores, c’est de se déplacer en rencontrant le minimum syndical d’êtres humains. Un moyen parfait pour qu’on te laisse décuver lentement de l’étreinte de Morphée. Ou au contraire, un parfait moyen pour t’enfoncer dans un délire paranoïaque. A 6 heures du matin, tu n’as pas les idées claires. Tu prends l’autoroute. Direction ta fac dont les moisissures te font rappeler à quel point un SDF est mieux loger que toi à ce moment même. En plus de t’être levé du mauvais pied, ton estomac à l’air de mal supporter le café que t’as ingurgité il y a une demi-heure. Tu te diriges donc vers les W.C, prêt à tout renvoyer à l’envoyeur. Tu t’observe dans un miroir, dont la crasse te laisse penser que les techniciennes de surface ne sont vraiment bonne à rien, et tu constate sans étonnement les cernes qui témoignent d’une nuit agitée.

Tout s’assombrit, et tout s’éclaircit. Les cris ne t’étonnent même pas. Les berceuses macabres t’apaisent. Perdu jusqu’à ce brusque passage, tu sais enfin ce qu’il te reste à faire. Couteau de boucher en main, tu avance prudemment, prêt à dégainer. Ces chiens sont là. Après tout, les Nécromorphes font quasiment partie de ta famille maintenant. T’as l’art et la manière, t’es donc passé maître en la matière. Le premier que tu croise ne résiste pas longtemps à ton charme. Esquivant habilement, ses membres ne résistent pas longtemps à ton talent. L’art du démembrement devrait être enseigné dans les grandes écoles. La fin justifie les moyens. Tu découpe donc soigneusement la chair fraiche de cette beauté. Tu n’as même pas finit le travail que la bête a déjà succombée. Heureusement, elle n’était pas seule. Tu t’occupe donc du reste de la troupe. Une jambe en moins, un bras en moins, le sang gicle, la chair tendre cède facilement à ton arme. Tu jubiles et dans un mouvement d’excitation, tu décide de lui éclater la boite crânienne contre ce qui ressemble à un radiateur. Tu prends entre tes mains cette tête dénué d’humanité pour assouvir tes pulsions destructrices. Tout s’éclaircit. Le sang reprend sa couleur naturelle et ce qui apparaissait à tes yeux comme une vulgaire bête décharnée se révèle être un humain. Te voila en Enfer.
Tout a un prix. Les 7 cercles de l’Enfer constituent l’addition de tes péchés à expier. Tu parcours les Limbes. Tu rencontre des condamnés pour qui la perpétuité telle que la loi l’impose relève de l’utopie pure et dure. Platon, Socrate, ils étaient là bien avant toi. Votre seul point commun réside dans la perspective d’avenir. Tu n’as plus rien à perdre et tout à gagner. Tu n’as même plus rien à craindre, tu viens d’éliminer la mort en personne. Les condamnés te supplient de les délivrer. En bon prophète que tu es, tu continue ton chemin en ignorant les mécréants. Le démembrement n’est plus d’actualité. Tu éventres, tu décapites, tu survis. Le glauque fait maintenant partit de ton quotidien. Tu ne t’appelle pas Dante, ni Isaak. Tu n’es pas dans l’ISG Ishimura. Tu n’es pas en Enfer. Tu es dans ton lit et tu viens de te réveiller. Et tu remercie les studios Viscéraux pour le travail fournit ces deux dernières années.
SholidShnake