Dossier : Pourquoi le Japon n'aime pas les FPS ps2,ps3,xbox360,wii,pc,psp,ds
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Genre adulé en occident, le FPS ne parvient pas à  viser juste au Japon. Tentative d’explication d’un phénomène bien particulier.


 

Photo-Dossier : Pourquoi le Japon n'aime pas les FPS-2




Dans sa dernière édition, le magazine Famitsu a tenté de comprendre pourquoi le FPS ne rencontre pas le succès au Japon alors qu’il séduit partout ailleurs. Un sondage auprès de son lectorat confirme la tendance : si 75% des gamers interrogés avouent s’être essayés au moins une fois aux joies du frag, dans le même temps, plus de la moitié d’entre eux a déclaré qu’on ne les y reprendrait plus. Pourquoi ? Sur leur grille de réponses, les sondés ont ainsi coché en majorité les cases suivantes : « ça ne m’intéresse pas », « c’est trop difficile », « je ne comprends pas l’intérêt de ce type de jeu ». Des réponses somme toute un peu bateau.








Exception culturelle



En réalité, l’étincelle entre les First Person Shooter et le public japonais ne s’est jamais produite car le marché du PC sur l’archipel a toujours été bien moins orienté « jeu » que dans le reste du monde. Pour des raisons moins techniques que culturelles, l’ordinateur personnel y demeure avant tout un outil de travail. Privé du support indispensable à  son épanouissement, le FPS a donc dû troquer la précision du combo clavier/souris et le frame- rate constant de l’ordinateur contre une place sur consoles. Un refuge de fortune. Difficile dans ces conditions d’attirer le chaland. Mais là  n’est pas la seule raison. Outre ce handicap de départ, la majorité des Nippons n’adhère tout simplement pas à  l’idée même de vue à  la première personne, laquelle les empêche de s’identifier à  leurs héros tout en faisant grimper l’impression de violence à  un niveau jugé moins tolérable. Et s’ils estiment indispensable de voir leur moi virtuel en entier à  l’écran, il faut aussi que celui-ci soit de nature à  leur plaire : sévèrement looké, fluet, écorché vif et le plus souvent ado, typé manga. Bref, aux antipodes du soldat bourru de l’US Army que l’on retrouve dans 90% de la production shooter.






L’armée justement. Son influence, ou plutôt son manque d’influence, n’est pas à  négliger dans la relation timide qu’entretiennent joueurs locaux et jeux de tir. Alors que, forts de leurs succès militaires, les Américains entretiennent le mythe toute l’année en multipliant les rémunérateurs Call of Duty et autres Medal of Honor, l’armée japonaise a surtout à  son actif sa défaite dans la Bataille du Pacifique et la capitulation de 1945. Pas de quoi s’enorgueillir. Rappelons aussi qu’aux états-Unis, tout citoyen peut disposer légalement d’une arme à  feu alors que les lois en la matière sont beaucoup plus strictes en Asie. Ici, le flingue ne fait pas partie de la culture populaire. Voilà  peut-être pourquoi on y est moins tenté de jouer les cow-boys en tirant sur tout ce qui bouge… à  l’écran.



Motion sickness



Plus surprenant, les Japonais seraient davantage sensibles au Motion Sickness. Ce trouble, qui se traduit par des sensations de vertige et de nausée, apparaît quand la personne perd le contact visuel avec l’horizon suite à  des accélérations de mouvements dans différentes directions. Un peu comme lorsque l’on tourne sur soi-même ou que l’on essaie, par exemple, de pointer son viseur sur une cible en mouvement – qui a dit FPS ? Le phénomène a pris une telle ampleur dans l’inconscient collectif que les jeux susceptibles de provoquer ces symptômes sont souvent boycottés par le public. Outre son effet non quantifiable sur l’accueil des Doom-like en terre nippone, certains analystes n’hésitent pas à  prêter à  ce « mal du jeu » les ventes en demi-teinte du très tourbillonnant Mario Galaxy. Plutôt dur à  avaler pour Takao Shimizu, son producteur. Lui-même sujet au Motion Sickness (sic !), il avait mis son désordre au service du soft Wii pour corriger tant bien que mal les phases de jeu et les angles de caméra trop sujets à  caution.



Cercle vicieux



Enfin, l’impopularité du genre n’incite pas non plus les rares studios qui oseraient s’aventurer en terre inconnue à  donner le meilleur d’eux-mêmes. La production locale est au mieux inexistante, au pire médiocre. En témoignent les Coded Arms (Konami, PSP), Ghost in the Shell : Stand Alone Complex (Sony, PSP), Daedalus (Sega, Saturn), Kileak the Blood (Genki, PSone) ou autre Dino Stalker (Capcom, PS2). Dans cet océan de softs douteux, seuls surnagent, chacun dans leur style très particulier, Breakdown (Namco, Xbox), Resident Evil : Dead Aim (Capcom, PS2) et Killer 7 (Capcom, GameCube). Des titres ayant pris pas mal de liberté avec le genre, preuve que les développeurs considèrent que le FPS au sens strict manque de substance. Au-delà  de toutes ces raisons, le quasi embargo de la production FPS au pays du Soleil Levant met tout simplement en lumière l’incompréhension des Japonais pour les produits typiquement américains. Comme la Xbox 360.


Le 24/05/2009 à 22:10:09 - Par La Rédaction


Dossier : Pourquoi le Japon n'aime pas les FPS : Les images

4 Commentaires

    • BIG90
    •  - 03/09/2009 - 15:17
    Avatar de BIG90

    A ouai alors la les nippons sont vraiment bizar sur ce coup la et alors quesque devien sony chez eux si il ne joue pas au fps, les exclus sa doit pas marcher chez eu

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    • loupge
    •  - 03/10/2009 - 23:23
    Avatar de loupge

     Et est ce que les FPS se vendent bien aussi en Allemagne car eux aussi ont perdu des guerres?

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  • Avatar de stefan26

    Un peu bizarre les Japonais avec leur motion sickness

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  • Avatar de Anonyme

    Le lien "aimer les fps" et "être d'un pays qui a une prestigieuse armée" c'est un peu n'imp. Par exemple la France qui perd la guerre en un rien de temps, devrait détester les fps non? Les Allemands aussi non?
    Et si vous vous basez plus sur la notion de patriotisme, je pense que les japonais ont pas de leçon à recevoir des US.

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