MechWarrior Online : On y a joué pc
Sommaire :

Dans un précédent épisode de « On y a joué », je vous parlais de mes premières impressions sur le free-to-play robotisé Hawken. Dans la même veine, mais pas exactement avec la même philosophie, voici mes premières impressions sur le très pointu MechWarrior Online.

Mechwarrior Online voit sa genèse prendre forme à travers un jeu de rôle papier paru en 1985, et édité par la société FASA. Nommé Battletech, le jeu vous plaçait aux commandes de robots géants surarmés s’affrontant sur de vastes et futuristes champs de bataille. L'engouement qui suivit pour cette licence poussa FASA à sortir ses robots des tables de jeu pour les intégrer dans les entrailles des micro-ordinateurs de l'époque. S'en suivit de nombreuses suites, déclinaisons et spin off aboutissant aujourd'hui à ce MechWarrior Online. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le jeu ne renie pas ses origines comme vous allez le constater.


Un apprentissage long et douloureux

A la différence d'un Hawken très simple à appréhender, MechWarrior Online ne cherche pas à être facile à prendre en main, et crache sur toute notion « d'arcadisation » de son gameplay. Il faut comprendre à la base que le jeu de rôle Battletech vous obligeait à arpenter, tel le pèlerin, le long chemin de croix (de fer) qu'est l'apprentissage du pilotage de robot géant. Loin de se manier comme un vélib', ces trente huit tonnes d'acier sur pattes, demandaient un certain talent pour être correctement dirigé! Un paradigme respecté à la lettre dans cette ultime déclinaison numérique qui, comme son ancêtre papier, reprendra aussi à son compte la gestion des armes surchauffant à chaque tir, ou le fait de gérer les parties intactes de votre blindage pour n'exposer que votre flanc le moins abîmé aux ripostes ennemies. Il faudra, de plus, et comme dans un tank et sa tourelle, gérer de manière séparée votre châssis, en l’occurrence les jambes de votre mecha, et son torse supportant ses armes et son cockpit. Comme un tank toujours, vous devrez jouer avec la vitesse et l'inertie de votre robot lors de vos déplacements, et prendre tous ces facteurs en compte pour vous en sortir sans encombre et surtout, sans vous encastrer dans un immeuble au bout d'une course non maîtrisée ! Mais cette complexité, vous la retrouverez aussi lors de la confection de votre titan de fer. Savoir quelle protection ou arme vous placerez à quel endroit. Par exemple, un lance-missiles placé trop bas n'aura pas le même effet qu'un lance-missiles placé à l'épaule. Dans un cas, vous verrez vos munitions percuter une colline vous faisant face alors que dans l'autre, vos missiles passeront sournoisement au dessus de la butte et iront tailler en pièce l’imprudent pensant être hors d'atteinte ! Dans le même ordre d'idées, les dégâts étant localisés, bien vous prendra de tirer dans les pattes d'un robot pour l'immobiliser ou détruire une à une ses armes pour le rendre inoffensif. Pour ce qui est des cartes, relativement vastes et bien agencées, elle laisseront suffisamment de place à vos robots pour s'éclater le cockpit à grands coups de lasers dans la joie et la bonne humeur ! Le tout est bien évidemment servi par un moteur graphique de premier ordre, le CryEngine3, une véritable réussite qui apporte au jeu finesse et fluidité, et laisse penser, au premier coup d’œil, à autre chose qu'un « simple » free-to-play !



Mech qu'est ce que c'est dur !

Maintenant que je vous ai fait saliver avec le menu, laissez moi vous raconter mes premières et douloureuse parties en ligne. Sans aucun didacticiel pour vous aiguiller, c'est un peu le saut dans l'inconnu qui vous attend. Pour résumer, vous allez faire certaines erreurs et souvent dans cette ordre : encastrement dans un immeuble en pensant pouvoir freiner suffisamment vite votre robot, perte totale de repères dans l'espace quand vous n'arriverez pas à aligner les jambes de votre mech avec son torse, puis mise à mort par un ennemi alors que vous aurez fait surchauffer et déconnecter vos armes en tirant à tout va comme dans le premier Call of Duty venu. Et encore ça, c'est si vous avez de la chance ! Et je ne parle pas des dizaines de touches du clavier à mémoriser pour savoir comment activer cette fichue caméra thermique en plein crépuscule ou encore comment coupler vos armes en plein combat ! Malgré cela, et après quelques déconvenues, vous allez commencer à connaître les cartes et leur stratégies, les commandes, les bons spots de tir et surtout, comment correctement utiliser votre robot. Car on ne joue pas avec un «recon» comme on joue avec un «heavy». Mais une fois tout cela en tête, vous allez vraiment prendre votre pied dans ce vrai simulateur de Goldorak. Attaque en meute, diversion avec un mech rapide attirant des proies vers un piège, encerclement, capture de points et autres finesses seront au cœur de cet excellent jeu. Un vrai fantasme de petits garçons ! Mais il y a un mais, allez deux même je dirais comme vous allez le voir juste en dessous...



MercantileWarrior Online

Bon tout cela ,c'est bien joli, mais pointons maintenant du doigt LES gros points noirs du jeu. Commençons en douceur par le matchmaking. Aux abonnés absents, ou alors d'une discrétion rare, les matchs mal paramétrés opposeront sans aucune retenue de jeunes novices au Battletech standard, à des joueurs expérimentés dirigeant des robots modifiés jusqu'au dernier écrou. De quoi dégouter très rapidement les nouveaux venus qui veulent tenter le coup et qui se prennent une rouste dès les premières secondes de jeu. Et encore, je ne parle pas des déconnexions sauvages qui finissent par opposer une équipe entière à deux ennemis laissés en plan par leur team de Kévin adeptes de « ragequit ». Frustrant. Mais ce qui l'est encore plus, c'est bien la progression dans le jeu. Comme dans beaucoup de titres, vos parties vous permettront de glaner des points d'expérience (et il en faudra une énorme quantité pour escompter débloquer les arbres de compétences de votre mech et votre pilote) et de l'argent. Avec cette argent virtuel, vous pourrez acheter des nouveaux robots, armements etc. Problème, tout étant extrêmement cher, il faudra enchaîner des dizaines et des dizaines d'heures de jeu avant de pouvoir réellement créer son mech parfait. D'où la tentation quasi obligatoire, de sortir sa carte bleue pour acheter des crédits MechWarrior vous permettant de vous affranchir de cette longue et fastidieuse collecte d'argent. Le pire étant que certains robots ( les Heros Mechs), créés par le développeur et redoutablement équipés pour le combat, ne sont disponibles que contre ces fameux crédits MechWarrior. Un jeu à deux vitesses en somme qui va vite opposer les joueurs besogneux aux joueurs fans de micro-transactions. Et ça, c'est le genre de choses qui énerve. Maintenant, le jeu n'est encore qu'en phase de bêta et peut très vite évoluer pour modifier en profondeur ces deux gros points noirs. Mais sans être défaitiste d'avance, ces modifications s'apparentent plus à de beaux vœux pieux car au final, ce genre d'ajustements n'arrive qu'une fois sur dix. A titre personnel, j'aurais préféré que le jeu soit vendu, donc sans aucune restriction, plutôt qu'il soit à première vue gratuit mais vous incite fortement à passer par la case CB. Pour conclure, je vous dirais que le meilleur avis c'est bien le vôtre, et vous invite fortement à tester ce MechWarrior Online pour savoir si vous voulez ou non, adhérer à ce modèle économique.



Emmanuel Villalba 


Le 17/01/2013 à 14:48:15 - Par Emmanuel Villalba @ManuJVN


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