On sait déjà que Sledgehammer travaillait sur un projet Call of Duty à la troisième personne avant d’aller aider Infinity Ward sur Modern Warfare 3, mais c’est loin d’être le seul projet du genre à avoir été envisagé. En effet, entre l’été 2007 et mars 2008, le studio Underground Development (ex Z-Axis) était au travail sur Call of Duty : Devil’s Brigade, un CoD action-aventure à la troisième personne. Malheureusement, Activision n’a pas donné suite au projet, et The Verge propose un article sur ce soft abandonné, images et vidéo à l’appui.
Après avoir travaillé sur X-Men : Le jeu officiel, Z-Axis a été remanié et est devenu Underground Development. Les nouvelles têtes pensantes du studio ont alors cherché un projet sur lequel s’atteler, et c’est avec la bénédiction d’Infinity Ward et d’Activision qu’ils se sont lancés dans la création de Call of Duty : Devil’s Brigade. Basé sur l’histoire de l’unité militaire américano-canadienne éponyme, le jeu racontait comment cette petite troupe de soldats à la Inglorious Basterds a malmené les allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale, notamment en Italie. Le jeu était donc à la troisième personne et était surnommé CDAA pour Call of Duty Action Adventure, et Underground avait développé une séquence de jeu de 12-15 minutes visant à présenter leur objectif.
Dans cette démo, le but était d’empêcher les allemands de faire exploser les ponts entourant Rome pour bloquer les alliés. Le joueur devait alors sauver un pont traversant le Tibre en toute discrétion, ce grâce aux ordres qu’il pouvait donner à ses comparses, mais aussi grâce à son habileté à se déplacer comme un champion de parkour. Le rythme était plus lent que celui d’un Call of Duty traditionnel, et une plus grande place était accordée à la stratégie.
On sait aussi de Devil’s Brigade qu’il devait commencer par une mission au Monte di Difensa, alors que la petite troupe devait se débarrasser d’un bon millier d’allemands. Une mission dont la durée était estimée à 4-5 jours. Ils ont mis deux heures. Autre fait réel qui devait être exploité dans le jeu, l’histoire derrière le nom de la brigade du Diable. En fait, les soldats qui la composaient s’étaient fait fabriquer des autocollants noirs avec écrit dessus en blanc et en allemand "le pire est à venir". Et quand ils tenaient une pêche d’enfer, ils allaient se farcir un campement allemand en égorgeant les troupes ennemies en douce, puis ils leur collaient ces stickers sur le visage ou le casque. Les développeurs voulaient également proposer une mécanique de jeu à partir de ces autocollants.
Le projet était prometteur, mais il est arrivé ce qui arrive parfois : un enchaînement d’évènements malencontreux. Déjà, fin 2007, Activision annonce sa fusion avec Vivendi (et donc Blizzard), contraignant l’éditeur à faire des coupes dans son budget. Et ce n’est pas le projet à l’état embryonnaire en développement dans un petit studio qui peut faire le poids, même s’il est prometteur… Ensuite, la fin 2007 signe l’arrivée de la déferlante Call of Duty 4 : Modern Warfare avec son contexte contemporain qui relègue la Seconde Guerre Mondiale dans le placard des has-been. Devil’s Brigade est alors balancé dans la poubelle, et Underground Development travaillera sur Guitar Hero : Van Halen avant d’être fermé par Activision en 2010.
Vu comme ça, le projet avait l’air plutôt intéressant, même s’il aurait pu souffrir (ou profiter ?) de la comparaison avec le film Inglorious Basterds sorti en 2009. Mais étant donné qu’Activision souhaite profiter au maximum de l’appellation Call of Duty, peut-être qu’un jeu similaire est en préparation quelque part…
Devil's Brigade, le Call of Duty abandonné











