Prenez un zest de jeu vidéo, une pincée de manga, une lichée de techno, mélangez tout ça à une énorme dose de mauvaise foi et vous vous retrouvez avec un fait divers particulièrement ignoble. Dans une affaire actuellement jugée par la cour d'assises d'appel de Rennes, les jeux vidéo sont, une fois de plus, implicitement mis en cause, pêle-mêle, par la presse et la défense. Petit rappel des faits auparavant : Alain Kernoa, 28 ans, est accusé d'avoir tué une jeune femme de 28 coups de couteau et d'avoir abusé d'elle post-mortem en marge d'un teknival. Mais quel est donc le rapport entre cette affaire sordide et les jeux vidéo, vous demandez-vous sans doute ? Pour avoir la réponse, il suffit de consulter la presse locale, peu avare en rapprochements hors de propos. C'est ainsi que Ouest-France, quotidien le plus diffusé en France, se charge de nous informer que : "(l'accusé) peut mesurer le gouffre séparant la réalité d'un corps humain et les jeux vidéo dont il se dit « passionné »". Pour ne pas être en reste, l'autre grand quotidien breton, Le Télégramme, y va aussi de son allusion : "Dans un état second, il aurait basculé dans un scénario mortel digne des jeux vidéo dont il est plus que friand.". Histoire d'être complet, sachez que pour la défense, "les mangas auraient exercé sur lui une influence néfaste au moment du meurtre". On aurait pu parler de drogues et d'alcool mais sans doute vaut-il mieux mettre en avant des loisirs n'ayant aucun rapport direct avec ce fait divers. Lors du prochain meurtre, il conviendra d'observer si l'accusé est abonné à Ouest-France ou au Télégramme, peut-être pourra t'on à notre tour sous-entendre de jolis sophismes...
* image d'illustration : Platon et Aristote
Les jeux vidéo encore mis en accusation



