Partons du début. Si vous l’ignorez, sachez que Binary Domain se présente comme un bon vieux TPS (Third Person Shooter). Développé par la Yakuza Team, le titre prend place dans le Tokyo de l’année 2080. Divisé en deux parties, deux castes (l’une supérieure, l’autre inférieure), et rappelant alors la ville de Midgar (Final Fantasy VII), la mégalopole japonaise se trouve être envahie par les robots. Thème classique de la science-fiction, ces derniers semblent s’être retournés contre leurs créateurs. Très lié à la robotique, le scénario de Binary Domain, riche et profond nous promet-on, devrait ainsi faire la part belle à des réflexions basées sur les dérives de l’intelligence artificielle. Et comme les robots se confondent même avec les humains, au point que certains ignorent même leur condition d’être artificiel (les Simulacres), cela soulève forcément des questions sur le devenir de l’humanité… Pour l’heure, difficile de juger de la profondeur du récit, si ce n’est par l’intermédiaire d’une cinématique laissant à penser que l’histoire adoptera un ton très série B, typiquement japonais dans l’esprit, rappelant quelque peu le style de Kojima (pour le côté too-much). On espère surtout que les développeurs de Yakuza conserveront quoi qu’il en soit la qualité d’écriture qu’on leur connaît…

"Qui a confiance en soi conduit les autres."
Sous ces airs de TPS classique, Binary Domain se distingue par son système de « réactions en chaîne ». Cette appellation désigne en réalité les relations qui lient les personnages. Si le joueur dirige toujours le même avatar (Dan, un soldat de l’ONU censé rétablir la paix), il lui est demandé de choisir deux coéquipiers parmi quatre. La performance de votre équipe tient alors à la confiance entre chaque membre du groupe. Ce niveau de confiance augmente ou diminue en fonction de vos actions sur le terrain mais aussi de vos réponses lors de dialogues à choix multiples (avec le risque de plaire à l’un et de froisser l’autre). A l’approche d’ennemis, les ordres proférés à vos coéquipiers (le jeu gère même les commandes vocales) influent également sur la confiance que ces derniers portent envers Dan. Il faut ainsi régulièrement jeter un œil à leur taux de confiance car, trop faible, certains pourront tout simplement refuser de vous obéir. A l’inverse, d’autres n’hésiteront pas à risquer stupidement leur vie pour vous. La relation avec vos coéquipiers s’étend également à certaines situations critiques où leurs conseils se révèlent souvent précieux pour se sortir d’un mauvais pas (votre équipe dialogue continuellement pendant toute l’aventure). L’occasion de remarquer que certaines situations peuvent être abordées de différentes façons. Un point appréciable d’autant que, sur certains passages, le level design ne se contente pas de proposer de longs couloirs jonchés d’éléments du décor derrière lesquels se cacher. De même, on apprécie aussi les affrontements contre des ennemis imposants où la manière de les éliminer peut se montrer multiple.

Robots après tout
Très proche d’un Gears of War dans son gameplay, sans toutefois atteindre l’intensité de ce dernier, Binary Domain propose une intelligence artificielle assez poussée, même si l’on n’a pu encore la juger en profondeur (plus d’une trentaine de types de robots nous attendent). Grâce à la localisation des dégâts, il est possible de tirer dans les jambes d’un robot pour le mettre à terre. Ce dernier se met alors à ramper à la manière du Terminator de Cameron. Avec un bras en moins, et donc dans l’impossibilité de recharger son arme, le robot recherchera le combat au corps à corps. Plus fort, si l’adversaire se rend compte qu’un de ses coéquipiers n’est plus en état de combattre, et se révèle dangereux pour son intégrité (un robot décapité aura tendance à tirer dans tous les sens !), il n’hésitera pas à l’abattre lui-même. Bref, les réactions des androïdes s’annoncent plutôt convaincantes et devraient rendre les séquences de gunfights très plaisantes à jouer.

Premier avis
En attendant de pouvoir juger de la qualité du titre sur la longueur, et notamment évaluer sa répétitivité (une petite scène de glisse sympathique et un passage à la nage viennent déjà varier les plaisirs dans la première heure et demie du jeu), Binary Domain apparaît solide et complet. Citons ainsi la capacité de personnaliser son personnage en lui injectant des compétences améliorant sa santé, sa défense et bien d’autres paramètres. Comme dans Dead Space, on trouve régulièrement des terminaux d’approvisionnement où l’on peut acheter diverses choses (munitions, trousses de soins, armes…) mais aussi améliorer son équipement suivant cinq caractéristiques : balles, puissance de feu, portée, précision et cadence de tir. C’est peut-être sur le plan technique que Binary Domain nous est apparu le plus faible. Pas honteux pour un sou, loin de là, mais l’écart avec les ténors du genre reste sensible. Le plus décevant concerne les cinématiques, et spécialement le visage des personnages. Dans Yakuza 4, la modélisation s’avérait très propre alors on s’attend au minimum à une qualité similaire ici, ce qui n’est pour l’heure pas le cas. Le titre n’étant pas entièrement finalisé, on peut penser que les cinématiques bénéficieront d’un petit lifting. Presque un détail surtout si le jeu de Sega parvient à se montrer convaincant sur tous les points cités dans cette preview (le système de confiance, l’IA et son histoire à la Blade Runner). Réponse le 17 février prochain.



Preview de Binary Domain












