Boîte de Pandore
500 000 armes, puis 650 000 et enfin -paraît-il- plusieurs millions. Un changement de style aussi, d’abord froid et classique, et qui passe d’un revirement artistique à un croisement réussi entre le Cel-Shading d’un Team Fortress 2 et le réalisme d’un Fallout 3. Avant même sa sortie, le moins qu’on puisse dire, c’est que Borderlands aime le changement. Ca tombe bien nous aussi. Il n’y a finalement que le scénario du jeu qui n’a guère évolué depuis 2007 et les premières annonces. On ne lui en tiendra pas rigueur. Borderlands expédie le joueur dans le monde futuriste de Pandora, une colonie terrienne aux confins de l’univers. Si les nouveaux arrivants espéraient creuser le sol pour en extraire les richesses, ils ont vite du déchanter. Après un hiver relativement tranquille, le printemps pandorien a en effet réveillé des millions de bestioles franchement peu accueillantes et bien décidées à gober du colon. Les plus riches ont pu quitter la planète, les autres doivent survivre.
Voilà en somme pour le pitch de l’histoire. Un postulat de départ qui servira de toile de fond à l’aventure mais qui ne saurait constituer le coeur du jeu. Pas question ici de sauver le monde, Borderlands est avant-tout un jeu de quêtes personnelles qui, selon la rumeur du Net, devrait contenir une trentaine de missions principales pour 130 à 140 missions annexes. Des quêtes qui iront du simple « va me chercher ça » à l’infiltration dans un nid alien en passant par l’élimination d’une bande rivale. Un contenu assez varié en apparence, même si Gearbox n’a pu nous offrir qu’une courte immersion dans l’univers Borderlands.
Scout toujours
Mais avant de parcourir Pandora, il va falloir choisir un héros parmi les quatre classes de personnages disponibles, chacun ayant son histoire et ses spécificités propres. Vous pourrez ainsi incarner Mordecai, le chasseur –classe scout-, Roland le soldat –classe fantassin-, Lilith la sirène -classe proche du mage-, ou encore Brick, le berserker –classe heavy-. Du bien beau linge en somme, où chacun devrait trouver colon à son pied. Mais ce n’est pas tout. Comme dans tout bon jeu de rôle, il sera possible de faire évoluer un arbre de compétences pour chaque personnage, allant de la simple armure renforcée à l’augmentation des dégâts causés en mode. Comme les ennemis, il sera possible d’utiliser des munitions électriques, incendiaires ou explosives, à condition cependant de faire évoluer son arbre en fonction. Si on a bien sûr pu voir qu’une toute petite partie des possibilités du système, les combinaisons semblent suffisament nombreuses pour permettre à tout un chacun de trouver son style de jeu. Pour vous donner un exemple, un des pouvoirs de la branche défensive sert à charger ses munitions en hp, ce qui permet de créer une zone de régénération des points de vie autour de l’arme quand on tire. Idéal pour mener des assauts coordonner ou couvrir un camarades blessé tout en le soignant. Bref, que ce soit au niveau des classes ou des évolutions, Gearbox nous livre un produit mature et bien conçu. Rien à redire là dessus, le studio connaît son boulot.
Le couloir de la mort
Passées toutes ces présentations, venons-en maintenant au but réel de notre rencontre avec Borderlands, à savoir une bonne et virile prise en main. 30 petites minutes de solo c’est tout ce que nous avons pu essayer du jeu. Un peu court jeune homme, surtout qu’on parle ici d’un vrai jeu de rôle, pas d’un simple shoot. Mais bon. Sans spoiler quoi que ce soit, nous dirons simplement que cette esquisse de solo nous a mis sur la route de Firestone, petite bourgade perdue en plein désert qui devrait constituer le début de l’aventure. Arrivé sur place, il s’agit de suivre un petit robot -sorte de Wall-E passé à la sauce Fallout-, qui servira de guide et de tutorial au joueur. Passé quelques minutes d’initiation, place à l’action quand il s’agit de zigouiller les quelques punks qui se mettent sur notre route.
Bonne surprise, tout jeu de rôle qu’il est, Borderlands n’oublie pas la composante shooter de son anatomie et se joue comme un vrai FPS. On se baisse, on se planque, on vise, et on tire. Pas de système Vats ou de menu d’attaque. Comparé à d’autres RPG première personne, les combats de Borderlands sont ainsi très dynamiques et plaisants à jouer. Seul bémol, une localisation des dégâts inexistante –une simple barre de vie pour chaque ennemi- rappelle au joueur qu’on est pas ici dans le dernier FPS d’id Software. Inutile donc de s’échiner à viser la tête, vous n’aurez au mieux qu’un critical hit qui descendra un peu plus la barre de l’adversaire. Si les combats sont assez réussis, les quêtes ne sont pas en reste et s’inscrivent dans la tradition du genre. Quêtes d’objets à trouver ou vendettas à orchestrer, elles s’enchaînent sans véritable temps mort. On regrettera quand même le manque de vie fragrant de Firestone et l’impression constante de n’être absolument pas libre de nos choix. Exemple de cette rigidité, un paysan du coin demande d’aller régler son compte à une bande de pillards, ajoutant en fin de speech que quelques grenades pourraient peut-être aider. Comprendre, il faut aller chercher des grenades. Il n’y a pas le choix, impossible d’accomplir la mission principale sans, même si on ne s’en servira pas. Espérons que les exemples du genre ne se multiplient pas tout au long du jeu, faute de quoi le gameplay pourrait vraiment en pâtir.
Bonnes intentions
Pourtant, n’allez pas croire que Borderlands soit rasoir à jouer. Pas du tout même. Et notamment grâce à deux choses. L’humour tout d’abord,qui sans atteindre les sommets de Fallout –encore lui-, distille tout au long du jeu une ambiance second degré assez plaisante. Imaginer être attaqué par un nain armé d’une machette appelé « Migdet Psycho » vous donnera une bonne idée de la chose. Sous ses dehors futuristes et poussiéreux, Borderlands ne se prend pas au sérieux. L’autre élement, dont on a pas encore parlé jusque là, c’est ce fameux générateur d’armes aux mille merveilles. A chaque ennemi zigouillé ou caisse ouverte, une nouvelle pétoire qui ne sera jamais semblable à la précédente. De la simple variation de couleur au changement radical de look et de munitions, cette infinie variété permettra –d’après les developpeurs- de ne jamais ressentir de lassitude au combat. A voir. Ce qui est sûr, c’est que la recherche de l’arme parfaite devrait en tout cas occuper nombre de joueurs un bon bout de temps, surtout quand on pense qu’il faudra monter ses compétences pour profiter de tous les types de munitions. Une bonne idée sur le papier donc, qu’on ne demande qu’à éprouver tout au long du jeu.
Malgré la fausse impression de liberté qui se dégage du jeu et une IA ennemie proche de l’apoplexie, Borderlands possède de nombreux points forts qui font pencher la balance en sa faveur. Nous avons évidemment trop peu joué pour élaborer une critique objective, mais avec un générateur d’armes efficace, un humour discret mais bien présent et une toile de fond immersive,le titre de Gearbox fait en tout cas partie des jeux de l’automne à surveiller de près.


Preview de Borderlands













