Après avoir repensé son titre en abandonnant ses trop futuristes forces spéciales équipées d’exosquelettes, Ubisoft a revu sa copie en revenant aux fondamentaux de la série. On retrouve ainsi au cœur du titre et de son gameplay une technologie se voulant proche de ce qu’on peut trouver sur les champs ou futurs champs de bataille. On ne parle pas ici d’une technologie que l’on utilisera dans cinq cents ans, mais simplement demain. S’articulant autour du simple constat qu’une poignée d’hommes suréquipés peut rivaliser avec une armée conventionnelle, Ubisoft nous invite à prendre la place d’un des hommes des Ghosts, force spéciale envoyée à travers le monde pour porter la justice à coup de SCAR L.
Ingénieur informaticien Bac + 5 option Snipe
Le fantassin du futur sera 2.0 ou ne sera pas ! Tom Clancy qui a ses entrées dans l’armée US, sait en partie ce qui se prépare en coulisse côté matos. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la réalité augmentée et le partage d'informations en seront deux des axes majeurs. Si le sujet vous intéresse, faites des recherches sur le système FELIN français ou FFW américain pour voir à quel point le fantassin du futur sera informatisé. C’est d’ailleurs ce que l’on nous propose de découvrir en douceur lors de la première mission.
L’action prend place en Bolivie dans un marché à ciel ouvert. On commence par progresser à couvert d’étales en étales en évitant de se faire repérer par la milice locale. Pour s’aider, on peut compter sur les « sensors », petites sphères que l’on lance loin devant soi et qui balaient avec leur radar un petit périmètre en arc de cercle. On peut ainsi repérer les civiles des ennemis, en un mot, trier le bon grain de l’ivraie pour déclencher un tir de suppression maîtrisé. Vos cibles connues, le premier échange de balles peut commencer…échange qui sera d’ailleurs de courte durée. Votre puissance de feu étant supérieure et vos ennemis surpris, vous ne risquez pas de rencontrer de difficulté lors de ce tout premier contact. Vous pourrez en plus, comme dans tout jeu moderne, tirer à travers certains matériaux plus ou moins résistants (bois, verre etc) pour aligner les cibles comme à la foire. Autant dire que les petits gars repérés dans leur cabane en tôle ondulée ne vont pas faire très longtemps les malins ! La chose qui saute tout de suite à l’esprit lors de cette phase de tirs est un air de Gears of War.
Toutes proportions gardées, on retrouve dans la mise à couvert, le saut par-dessus les obstacles ou le tir en couverture un petit goût d’Epic. Les personnages ne sont pas aussi massifs et patauds que la bande de Marcus Fenix, mais dans l’esprit, si vous avez déjà bougé les abattis du célèbre tueur de locustes, vous ne serez pas dépaysé. La deuxième chose qui frappe ensuite est la bonne lisibilité à l’écran. On sait très rapidement qui est qui, où se trouvent les menaces (un ennemi ou une grenade lancée par exemple), ou encore vers quel point se rendre pour progresser en toute sécurité. Du beau boulot qui nous permet d’apprécier les graphismes dans la bonne moyenne de ce qui se fait sur Xbox 360. A noter que lors de la présentation, un des développeurs a lâché un « nous sommes fiers de vous présenter notre jeu sur Xbox 360 ». Doit-on y voir une petite pique à peine voilée pour Dice ? Allez savoir, j’ai peut-être l’esprit mal placé…
Du Clancy dans le texte
La première mission terminée, vous voyagerez en Zambie, en Afghanistan puis en Russie. En clair, si vous êtes fan, vous retrouverez vite vos marques. Il y sera toujours question de guerre mondiale latente, de terrorisme et de d’arme de destruction massive. L’espionnage sera aussi au cœur du jeu. Ainsi, lors de la deuxième mission, en Zambie, vous devrez suivre furtivement un « seigneur de guerre » dans un camp de réfugiés, jusque ce que ce dernier passe un coup de téléphone. Bien évidemment, cette communication sera interceptée par vos services qui désigneront alors grâce aux informations recueillies, votre prochaine zone d’action. Cette deuxième mission introduira aussi de nouvelles dotations et mécaniques de jeu. Vous serez ainsi équipé d’un camouflage optique qui, lorsque vous serez accroupi et avancerez pas à pas, vous rendra quasiment invisible aux yeux de vos ennemis. Vous apprendrez aussi à marquer vos adversaires pour commander leurs éliminations aux autres Ghosts. Vous pourrez ainsi marquer trois cibles pour que vos coéquipiers les éliminent de leur côté, ou en marquer quatre, la dernière vous étant alors dévolue. Dans ce cas de figure, les autres Ghosts attendront votre tir pour traiter de concert leurs propres objectifs. Cette technique sera essentielle lors de la progression dans le camp de réfugiés pour vous dégager en toute discrétion un couloir de progression.
Rapidshare
Ce partage d’informations entre membres d’une même unité est à garder à l’esprit lors du jeu. On ne joue plus seul sur le champ de bataille, mais on fait partie d'un tout, d’une hydre guerrière à quatre têtes. Notez que vous pourrez aussi donner des ordres brefs à vos hommes, comme par exemple faire feu sur un ennemi retranché. Ces derniers focaliseront alors l’attention sur un point, pendant que vous pourrez prendre à revers des adversaires qui ne vous remarqueront pas. Toujours dans ce camp de réfugiés, vous pourrez utiliser des lunettes « magnétiques » qui vous permettront de voir à travers les tentes, vous permettant du même coup de suivre vos cibles à distances. Un gadget que n’aurait pas renié Sam Fisher ! Il est à noter que le tir de suppression que l’on peut retrouver dans Battlefield 3, a été repris et modifié pour ce Future Soldier. Ainsi, lorsque vous tirerez à répétition sur un ennemi caché, ce feu nourri empêchera votre adversaire de viser correctement pour riposter à vos tirs. Il est logiquement « mis sous pression » et ne peut pas riposter correctement. Et ce qui est valable dans un sens l’est aussi dans l’autre ! Voici une petite « feature » réaliste qui va s’avérer tactiquement intéressante à exploiter lors des parties multijoueur. En progressant plus en avant dans le jeu, nous avons pu tester une carte prenant place dans la ville de Peshawar. Alors que vous remontez une rue encombrée de véhicules et fui par les civiles, des tirs venus de nulle part vont commencer à ralentir votre progression. Que faire, tirer dans le tas au risque de tuer un innocent mettant du même coup, fin à la mission ? Non, mais en utilisant un ingénieux drone volant, vous pourrez survoler la rue pour marquer les ennemis sur la carte, et ainsi, savoir d’où vient le danger. Vous pourrez alors progresser de quelques mètres, éliminer les hostiles qui sont à portée, puis reprendre tranquillement le contrôle du drone qui attendra sagement dans les airs. Mais rien ne vous empêche d’utiliser le drone pour marquer des ennemis, et donner l’ordre aux autres Ghosts de les éliminer. Une manière sans danger de faire faire tout le boulot à l’IA. Pour conclure sur les drones, sachez qu’ils pourront voler, rouler, être insensibles aux IEM, tirer et que lors de la présentation, un drone était encore tenu secret.
Avec des vrais morceaux de Navy SEAL dedans
Comme tout jeu se voulant un peu sérieux, Ghost Recon Future Soldier a fait appel à des consultants militaires, et ce sont à première vue des SEALs qui s’y sont collés. C’est d’ailleurs en partie grâce à cela qu’il n’y a pas besoin d’avoir un système d’ordres complexes pour commander vos coéquipiers. Les Ghosts dirigés par l’ordinateur ont une progression logique. Bien plus poussé que le Fombecto de mon sergent instructeur, le « drill » appliqué aux Ghosts leur permet de savoir comment réagir et où se placer pour une situation donnée. Éliminer un adversaire, ou simplement traverser une route se fera militairement dans les règles de l’art. Nous sommes bien loin d’un « pathfinding » hasardeux ou vos coéquipiers bloquent comme des décérébrés derrière une porte ou un petit muret. A n’en pas douter, l’apport des forces spéciales a été ici important car il est vrai qu’en cours de partie, les déplacements de vos coéquipiers sont particulièrement crédibles.
Gunsmith, l’atelier du tunning
Cette présentation a aussi été pour nous l’occasion de tester le système Gunsmith, système permettant de modifier en profondeur son arme. Comme pour tous les jeux de tirs modernes, multijoueur s’entend, en passant vos grades et en cumulant des points, vous débloquerez des armes et des accessoires. En vous rendant dans l’atelier gunsmith, vous pourrez alors modifier votre pétoire à votre convenance avec les derniers accessoires durement acquis. Un tube plus ou moins long pour le tir de loin ou le QCB, un viseur ACOG ou « Magnétique », une modification de la gâchette ou un lance-grenades IEM, enfin tout un tas d’options vous permettant d’apporter les modifications voulues à votre engin de mort, suivant votre manière de jouer et la configuration du terrain rencontré. C’est joli à voir, pour peu que le terme joli s’applique à une arme, le tout pouvant être contrôlé via votre Kinect. Une bonne occasion de faire tomber la poussière qui s’accumule dessus…
Que retenir d’autre de cette session solo ? Peu et beaucoup à la fois. Peu, car cinq niveaux c’est évidemment trop court pour se faire un avis tranché. Beaucoup aussi car on subodore que le titre peut se faire une place au soleil des shoots militaires, ne serait-ce que par son multijoueur que l’on sent plein de promesses et sa fidélité à la série. La dernière chose à indiquer et que le jeu, un peu à la manière d’un Brink, pourra voir un joueur solitaire rejoint de manière transparente par d’autres combattants humains, transformant du même coup le jeu solo en coop en bonne et due forme. Un bon point à mettre au crédit des développeurs. Pour conclure, sachez que le jeu sortira aussi sur PC, surprise de dernière minute annoncée lors de cette présentation. Reste à voir maintenant comment Ubisoft va gérer ses DRM...



Preview de Ghost Recon : Future Soldier












