Quand la saga s’est éloignée de ses épisodes principaux, ça a rarement donné de grands titres. De Resident Evil Survivor à Resident Evil : The Mercenaries 3D en passant par Resident Evil Gaiden, on y voit surtout une manière pour Capcom de profiter du nom de la série sans trop se fouler. On ne connaît que trop bien la politique de l’éditeur et ses déclinaisons multiples (à quand un Resident Evil Unleashed ?). Alors forcément, on accueille l’arrivée de Resident Evil : Operation Raccoon City avec méfiance. Mais, pro, on met tous nos a priori au placard pour se plonger dans les rues dévastées et infestées de Raccoon City.
De l’autre côté du miroir
Pour cette première présentation de Resident Evil : Operation Raccoon City, on a pu s’attaquer à la campagne principale du titre dans les meilleures conditions, soit en coopération à quatre joueurs (en solo, c’est l’IA qui prend le contrôle des autres personnages). Avant de s’intéresser aux sensations de jeu, rappelons que l’aventure nous fait revivre les évènements de Resident Evil 2 et Resident Evil 3 mais du point de vue des membres de l’U.S.S. (Umbrella Security Service). Souvenez-vous, la ville a été mise en quarantaine par le gouvernement qui a envoyé des soldats d’élite de l’armée américaine pour déterminer la source de tout ce chaos (l’invasion de zombies, donc). L’U.S.S. a ainsi pour ordre d’éliminer toutes les traces ou toutes personnes qui pourraient mettre en cause la société Umbrella, dont Leon S. Kennedy, alors toute jeune recrue de la police de la ville, représente dans un premier temps la cible principale. L’épisode marque ainsi des retrouvailles avec des lieux (le commissariat !) ou des situations connues, mais vues sous un autre angle. Et bien évidemment, on retrouve également le bestiaire de l’époque avec le retour des Hunters, des Lickers mais aussi du terrible Nemesis. Ca transpire pas mal le fan service. Mais sur les premières heures de l’aventure, l’ambiance se révélant très différente des épisodes de la série, on n’a pas toujours l’impression de revivre l’histoire de Resident Evil 2 & 3 du côté de l’ennemi. On le comprend assez vite, Operation Raccoon City, c’est avant tout un pur TPS… qui lorgne quelque peu du côté de Left 4 Dead.
Cooperation Raccon City
Avant de se lancer à la recherche de Leon S. Kennedy, il faut d’abord choisir son mercenaire, parmi quatre disponibles : Vector, Spectre, Beltway et Bertha. Outre leur design, chacun possède des compétences diverses (sniper, expert en explosif, infiltration…) ainsi qu’une capacité spéciale et spécifique. Cette dernière s’active sur une durée assez courte et se régénère au bout d’un certain temps, sachant qu’on peut améliorer sa longévité avec les points d’expérience obtenues (on peut également débloquer de nouvelles armes ou améliorer celles en sa possession). Dans le feu de l’action, Vector a la possibilité de se rendre invisible, Spectre peut différencier de loin les humains des zombies, Beltway s’amuse à déposer des mines un peu partout alors que Bertha, le médecin du groupe, s’injecte un cocktail de son cru pour bénéficier d’adrénaline (les munitions deviennent momentanément infinies). Sans être extrêmement poussée, la coopération tient un rôle important si l’on veut survivre dans ce Raccoon City à feu et à sang. Il ne faut pas hésiter à parler avec ses coéquipiers (via son micro-casque) pour se sortir de situations parfois bien difficiles (le jeu s’annonce assez corsé). Comme on le disait un peu plus haut, le titre rappelle sur certains aspects Left 4 Dead. Par exemple, rester à l’écart du groupe peut vite se révéler périlleux, voire mortel. Autre similitude, la présence de zombies qui nous vomissent dessus (tel le Boomer), infectant par la-même le personnage. Dans ces conditions, il faut rapidement endiguer la contamination à l’aide d’une herbe bleue (en se l’administrant soi-même ou en demandant à un coéquipier). De même, le Licker rappelle furieusement le Smoker avec sa longue langue capable d’immobiliser son ennemi (bien qu’il suffise ici d’agiter le stick pour s’en dépêtrer).
Romero must die
La comparaison avec le jeu de Valve s’arrête là tant ce dernier instille un sentiment d’insécurité et de survie constant mais aussi un sens du rythme phénoménal (les zombies comme seul horizon). Ce n’est en aucun cas un reproche puisque le jeu de Capcom s’oriente vers une unique direction, l’action. Pas étonnant si le studio a ainsi fait appel à Slant Six Games, à qui l’on doit des épisodes de la série SOCOM. Mais même sur le terrain de l’action, Resident Evil : Operation Raccoon City ne tient pas franchement la comparaison. S’il témoigne d’un certain savoir-faire (on apprécie la couverture automatique), l’ensemble manque d’intensité, de souffle. Tout paraît respecté à la lettre le manuel du TPS classique sans véritablement proposer autre chose. On craint surtout de ressentir une indifférence polie envers le titre, dans un genre qui comprend de grands noms. On est bien loin de la démesure d’un Gears of War 3, par exemple. Resident Evil : Operation Raccoon City ne semble conserver de la série que le nom et quelques clins d’œil. En attendant le verdict final, on doute que le titre parvienne à nous transcender.


Preview de Resident Evil : Operation Raccoon City












