Difficile de parler d’un épisode d’Alan Wake sans dévoiler des éléments clés de son intrigue et donc gâcher une partie du plaisir de la découverte. Pour faire simple : Alan Wake, au début de sa carrière, a été scénariste sur la série Zone X (qu’il était possible de regarder sur les écrans de télévision disséminés à travers Bright Falls dans le premier Alan Wake). Dans un des épisodes qu’il a écrits, le héros est piégé par son double maléfique, ce dernier désirant prendre sa place et laisser les ténèbres envahir le monde. Et justement, c’est dans ce même épisode que le romancier semble être coincé, dans le rôle principal qui plus est. Sans rentrer dans les détails, il semblerait que les auteurs d’Alan Wake’s American Nightmare se soient inspirés d’un certain film d’Harold Ramis avec Bill Murray...

Cette idée est d’autant plus originale que les développeurs ont ainsi trouvé un moyen intelligent de proposer une histoire complète et intéressante tout en contournant les limitations imposées par le format du jeu. En effet, son scénario ne fait traverser que trois environnements différents au cours de l’aventure, ce qui est un peu dommage. Autre détail dérangeant : la traduction. La ville dans laquelle se déroule l’action s’appelle Night Springs en VO, et Zone X en Français, ce qui est un peu risible. Le problème est directement lié aux choix d’adaptation qui avaient été faits dans le premier titre. Et plutôt que de corriger le tir, les traducteurs ont persisté. Toujours à propos de la traduction, il arrive que les sous-titres indiquent l’inverse de ce que les personnages sont en train de dire. Sur un jeu où les dialogues ont une grande importance, cela fait mauvais genre...

Arizona Dream
Techniquement, ce nouvel Alan Wake est assez proche de son prédécesseur et souffre donc des mêmes problèmes, comme les animations faciales très vieillottes par exemple. Malgré tout, les effets de lumière utilisés le long de l’aventure lui confèrent un aspect globalement plus réussi que son aîné. Cela dit, l’accent a clairement été une nouvelle fois mis sur l’ambiance et l’atmosphère. Le jeu se déroulant au sein d’une série télé façon Quatrième Dimension, le narrateur intervient régulièrement pour faire un point sur la situation et accessoirement rappeler au joueur ce qu’il doit faire.

De son côté, la ville arizonienne de Night Springs est totalement cohérente avec son cinéma drive-in, son motel miteux, ou tout simplement ses paysages désertiques. Et toute considération simplement visuelle mise à part, la réalisation sonore contribue elle aussi en grande partie à l’ambiance qui se dégage d’American Nightmare. Il suffit de s’arrêter à côté d’un poste de radio et d’écouter le présentateur du programme de nuit pour se convaincre qu’on est bien dans le Sud des Etats-Unis. La bande originale n’est, quant à elle, pas en reste avec un mélange de productions originales et de morceaux licenciés. Difficile cependant d’être aussi catégorique au sujet des scènes en Full Motion Video. Si leur côté kitsch et légèrement désuet peut plaire aux nostalgiques du Mega-CD, elles risquent de ne pas faire l’unanimité.

When you have to shoot, shoot !
De prime abord, les changements avec Alan Wake premier du nom sont minimes manette en main. Il est toujours question d’un jeu d’action à la troisième personne dans lequel le héros est obligé de jouer de la lampe torche afin de parvenir à affaiblir ses ennemis. Mais pour cette « suite, » les développeurs ont choisi d’estomper le côté survie au profit de phases d’action en plus grand nombre. Et pour repousser les hordes de Possédés comme il se doit, le héros a désormais accès à un arsenal plus varié (arbalète, fusil d’assaut, revolver, etc...), ainsi qu’à des munitions quasi illimitées. Histoire de proposer un peu de variété dans les combats, les ennemis disposent dans leurs rangs de nouvelles recrues. Possédés qui se dédoublent ou araignées XXL ne sont que quelques-uns des nouveaux adversaires à qui le héros doit faire voir la lumière. Cette recrudescence de l’action peut s’avérer décevante pour les joueurs charmés par le type de gameplay offert par l’œuvre originale. Mais lorsqu’il est mis face au scénario, ce choix se tient. En effet, les deux ans passés par l’auteur dans la dimension parallèle (après la fin d’Alan Wake) lui ont permis de gagner en assurance et de moins craindre l’affrontement avec les Possédés.

Laissez parler les p’tits papiers
Le fait que le jeu soit exclusivement disponible via le Xbox Live Arcade pouvait laisser craindre une durée de vie très limitée. La création de Remedy s’en sort pourtant relativement bien. Terminer la campagne en ayant récupéré la cinquantaine de pages manuscrites demande environ sept heures. Bien entendu, les joueurs pressés mettront beaucoup moins de temps pour voir la fin. Les fans de la série ont cependant tout intérêt à prendre le temps de mettre la main sur les pages éparpillées dans la Zone X. En plus d’étoffer l’histoire, ce manuscrit sert de lien entre Alan Wake et Alan Wake’s American Nightmare et permet d’apprendre ce qui s’est passé après les évènements du premier jeu. En plus de ce mode principal, les développeurs ont ajouté un mode Arcade dans lequel Alan Wake doit survivre jusqu’au lever du soleil face à des vagues de plus en plus coriaces d’ennemis. La licence n’avait pas spécialement besoin d’un mode de type Horde, il serait cependant idiot de cracher sur du contenu supplémentaire. Si l’objectif de cet épisode téléchargeable était de rouvrir l’appétit des amateurs du premier épisode, il est rempli haut la main. Vivement Alan Wake 2 !

--/20
Test de Alan Wake's American Nightmare












