Avant de vous entraîner dans ce cauchemar délicieux qu’est Amnesia : The Dark Descent, permettez-moi de rendre hommage à ses développeurs. Avec son équipe de cinq personnes, Frictional Games est assurément un studio indépendant talentueux. Déjà auteurs de la trilogie Penumbra -dont le second épisode est un vrai bijou- ces petits Suédois savent y faire quand il s’agit d’offrir au joueur une expérience radicale de la peur. Et Amnesia représente une sorte d’aboutissement, un saint Graal de l’horreur sur PC. C’est bien simple, je n’avais pas flippé autant devant un écran depuis... Silent Hill 2 ? C’est bien possible.

HP Lovecraft présente
Le coup du héros amnésique dans un jeu, on nous l’a souvent fait. Sauf qu’ici, cette perte de mémoire est volontaire. Notre malheureux héros semble en effet s’être provoqué une amnésie afin d’oublier un secret ignoble, à même de rendre fou n’importe quel Hannibal Lecter. Dès les premiers pas dans les couloirs du château où prend place l’action, les influences lovecraftiennes sont évidentes : journaux intimes décrivant des fouilles mystérieuses, laboratoire éclairé à la bougie, expériences contre nature, cellules crasseuses où bruits de chaînes et gémissements se font entendre.... On retrouve des bouts de “l’affaire Charles Dexter Ward” ou de “Herbert West réanimateur” dans cet excellent scénario narré par bribes. Si le titre ne bénéficie pas du label officiel Lovecraft, son ambiance et sa narration s’accrochent perpétuellement à l’écrivain de Providence et chaque avancée dans un nouveau lieu procure une trouille réelle.

Peur du noir
On parle ambiance et références littéraires depuis le début et vous vous demandez toujours ce qu’est vraiment Amnesia : The Dark Descent. Pour faire simple, nous sommes face à un jeu d’aventure à la première personne, mâtiné de survival horror. Ici, pas de combat. Vous allez pourtant croiser quelques innommables créatures, mais seule la fuite vous garantira la vie. Trois coups suffisent pour mettre au tapis et mieux vaut trouver rapidement une planque pour échapper à tout ce qui rode. Ne restez pas trop longtemps dans l’obscurité cependant, car c’est alors votre santé mentale qui en prend un coup. Frictional a eu l’excellente idée d’implémenter ce paramètre, si bien que l’on est perpétuellement à la recherche de la moindre source de lumière afin d’éviter la folie. Folie qui se traduit à l’écran par une difficulté à marcher, des hallucinations auditives et visuelles ainsi qu’une perte progressive des sens. Soyez prévenu, Amnesia est une expérience parfois très éprouvante.

Survival FPS n’click
Dans sa forme donc, Amnesia : The Dark Descent est une grande réussite. Son ambiance glaçante (le travail sur le son est juste fantastique) et son scénario encouragent le joueur à avancer coûte que coûte. Côté gameplay, on retrouve la recette instaurée par Penumbra, ici améliorée. On progresse de zone en zone en résolvant une suite d’énigmes jamais très complexes, qui font intervenir la plupart du temps les lois de la physique. Combinaison d’objets, création d’échafaudage de fortune, déblaiements de passages… L’interface hyper épurée reste immersive et limpide et un simple curseur en forme de main permet d’interagir avec l’environnement. Bref, on avance presque toujours de manière fluide et seuls quelques allers-retours un peu pénibles entachent parfois le plaisir.

Étouffant et brillant
Si vous n’êtes pas encore convaincu qu’Amnesia : The Dark Descent est indispensable pour qui aime se faire peur, voici un dernier argument : son prix. Le titre se négocie en effet sur Steam, Impulse ou Direct to drive à moins de 15€. Certes l’aventure reste assez courte (comptez 5-6 heures de jeu), mais croyez-moi, c’est amplement suffisant pour un shoot d’épouvante pure. À l’heure des campagnes solos aseptisées, boursouflées d’effets inutiles et de QTE, Amnesia fait du bien. Il revient en effet aux sources de ce qu’on aime dans le jeu vidéo : une bonne histoire, une ambiance au top et des mécaniques de jeu qui vont à l’essentiel. Dernier conseil : plongez-vous dedans en pleine nuit, lumière éteinte, casque sur la tête, le cauchemar n’en sera que meilleur.

--/20
Test de Amnesia : The Dark Descent













en tout cas merci à Jika de le faire decouvrir au lecteurs de JVN !
c'est .... "sympa" ^^
ça a un petit coté dementium non ? (en mieux foutu parce que sur PC)