Au-delà de la simple vraie fausse problématique du reboot, il n’est jamais facile de s’attaquer à une icône du jeu vidéo. Dans un univers ultra conservateur où la passion des fans est parfois un frein à l’innovation, confier la réalisation d’un nouveau Devil May Cry aux anglais de Ninja Theory aurait pu être interprété au choix comme une audace ou une provocation de la part de Capcom. A en juger par les cris d’orfraie poussés dès la première apparition du nouveau Dante, le pari était loin d’être gagné…
Tout ce DmC pourrait se résumer en une dualité à tous les niveaux. La plus évidente tient dans la personnalité de Dante, fils d’un père démon et d’une mère ange. C’est son frère Vergil qui lui apprend sa condition de Nephilim (même si la définition biblique est différente) due à une ascendance unique. On retrouve cette filiation dans les armes dont dispose Dante, les couleurs bleue et rouge de celles-ci symbolisant les deux aspects de sa personnalité. Et puisque l’on parle de personnalité, le côté rock star gouailleur du personnage a été un peu atténué, ce qui le rendra un peu plus supportable pour certains joueurs. Le monde que vous allez arpenter a également un double aspect, entre monde réel (ou du moins ce qui en fait office) et les limbes, lieu fantasmagorique où pullulent les démons. Ce dernier lieu est d’ailleurs une des vraies réussites de DmC avec un design certes parfois discutable mais de vraies bonnes idées disséminées un peu partout.
Soyons clairvoyants : les scénarios n’ont jamais été le point fort de la série des Devil May Cry et reboot ou pas, cet épisode perpétue cette tradition de série Z décomplexée. Il s’agit donc pour vous d’aller botter les fesses du démon Mundus qui contrôle l’humanité grâce à une boisson et une chaîne d’infos continue. Prenez garde Coca Cola et Fox News, Dante va vous mettre une grosse raclée… Mouais, ne vous attendez pas à une critique acerbe de la société de consommation et / ou de l’ultra libéralisme, nous ne sommes pas dans le Invasion Los Angeles de John Carpenter. La question de la propagande et de la surveillance des citoyens est ici bien moins subtilement traitée. Il faut dire que le jeu flirte parfois avec le ridicule lors de certaines scènes, notamment dès lors qu’il est question de sexe. Et si le début du jeu fait craindre le pire en alignant stupidement du clin d’œil grossier, le niveau s’élève quelque peu par la suite. Dommage, même si on ne joue pas à un Devil May Cry pour son scénario mais avant tout pour son gameplay.
Lorsqu’on évoque le nom de Devil May Cry, ce sont avant tout des séquences de combat à la fois retorses et ultra stylisées qui viennent à l’esprit. Dans DmC, la difficulté des affrontements est un ton en dessous de ce que nous avons pu connaître par le passé. Non pas que le jeu soit devenu un bête « button smasher » où il suffit de matraquer les boutons de son pad et d’esquiver de temps à autre le coup d’un ennemi. Il est cependant rare de rester bloqué sur un passage comme cela a pu être le cas par le passé. Les combats restent malgré tout assez techniques et en dehors des grouillots de base, il faudra assez souvent avoir recours à des enchaînements ou des coups bien spécifiques pour venir à bout d’adversaires plus évolués. Cela induit le fait que vous devez très souvent jongler entre les différentes armes dont vous disposez (au nombre de huit à la fin du jeu), qu’elles soient pourvues d’une lame, de balles ou qu’elles soient constituées de gants surpuissants. Bien évidemment, ces armes vont évoluer au fil de vos progrès avec la possibilité de débloquer de nouveaux combos ou encore d’augmenter la portée de vos coups. Dès lors, la maniabilité du jeu étant excellente, on prend un réel plaisir à tenter les combos les plus efficaces, une note venant sanctionner vos performances. Il faut également parfois jouer avec les spécificités du décor ou encore avec un sol où abondent lave et poison. Jouer du grappin pour agripper un chérubin ou atteindre une zone en hauteur dynamise également l’action. Et on ne boude donc pas son plaisir lorsqu’on obtient sa première note S, il est vrai. Seul petit hic, la caméra a parfois du mal à se placer, notamment dans les phases en intérieur, malgré le fait que l’on peut la recadrer manuellement.
En plus des traditionnelles séquences d’affrontements en arènes où vous devez exterminer jusqu'au dernier ennemi pour pouvoir ouvrir un passage, vous aurez également à faire face à divers boss, dans la grande tradition du genre. Là encore, on est dans l’efficacité sans grande fioriture et même s’il vous faudra sans doute un bon petit moment pour comprendre comment défaire le boss de fin, tout cela manque un peu de prise de risques de la part de Ninja Theory. Et pour en terminer avec la thématique des boss, sachez que ceux-ci, à une exception près sont sans grand intérêt, dans le fond comme dans la forme. Un peu plus originales sont les phases de plates-formes ou de fuites où il faut alterner entre double saut, vol et utilisation de vos deux types de grappins (ange et démon). Les chutes seront assez nombreuses avec le syndrome de l’emmêlement de doigts aux moments clés mais le jeu sait être magnanime en vous redéposant juste avant votre envol raté. Et d’envol raté, il n’en est finalement pas question pour ce DmC qui, même s’il ne surprend guère, assure joliment le spectacle.


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Ok, ce n'est peut-être pas une bouse immonde, mais ce sera quand même sans moi, ou alors à très bas prix.
Noter ce commentaire : (0) (0)Je ne pourrai jamais me faire à ce design. Et si le jeu est plus simple et les boss décevant...