Euro Truck Simulator 2 Gold Edition pc

Test Euro Truck Simulator 2 Gold Edition

Le 18/10/2013

Voilà, je viens de passer 20 heures d'affilée à jouer à Euro Truck Simulator 2 Gold Edition, et je ne suis pas lassé. Aussi étonnant qu'il soit, et alors que je préparais mes plus belles vannes pour ce test, je n'ai qu'une envie, y retourner pour livrer mon chargement de betteraves entre Muflin et Vesoul. Si un jour on m'avait dit que je déifierais Max Meynier...

Par Emmanuel Villalba @ManuJVN

Verdict de la rédaction

Sur le papier, Euro Truck Simulator 2 Gold Edition a tout d'une purge à petit prix venue de l'est, et est à mille lieues du côté fun d'un jeu vidéo. Conduire un camion de longues minutes, se prendre des prunes ou faire des pauses sur le parking glauque d'une station service en pleine nuit, n'est pas bien engageant. Mais allez savoir pourquoi, dès que l'on commence à jouer, on est aspiré par un tunnel temporel nous entraînant dans de longues, très longues sessions de jeu. Entre un pilotage très réaliste (en tout cas je le suppose) de son camion, des aptitudes à développer au fil du temps et d'une entreprise à faire croître, difficile de ne pas se retrouver happé par ce titre ne payant pas de mine mais extrêmement addictif. A éviter à tout prix si les mots simulation et jeu vidéo sont pour vous incompatibles, mais à tester, en tout cas en démo, avant de franchir le pas, j'en suis sûr !

Les plus :
  • Une conduite réaliste
  • La partie gestion vraiment plaisante
  • La taille de la carte à explorer
  • La customisation des camions
  • Les compétences de son personnage
  • LA référence dans le secteur
Les moins :
  • Des décors pauvres et datés graphiquement
  • Pas de jeu en ligne
  • Les dégâts visuellement absents
  • Des véhicules croisés quelques fois un peu fous
  • Un monde sans deux roues ni piétons
Rédaction
  • 15
  • 20
Euro Truck Simulator 2.jpg

Il y a deux semaines de cela, un ami bossant chez Anuman m'a dit en rigolant « Toi qui a la finesse d'esprit d'un militaire et la grâce d'un char panzer, que dirais-tu de tester notre dernière version d'Euro Truck Simulator 2 » ? Ce à quoi je lui ai répondu après une grande claque dans le dos « Ok, mais si ton jeu est pourri, ami ou pas, je l'enfonce six pieds sous terre ». Ce que je ne savais pas encore à cet instant, c'est que ce sale petit dealer vidéoludique venait de me prendre dans ses filets, avec son « serious game » de routiers...



Je crois que j'ai accroché quelque chose...

Euro Truck Simulator 2 Gold Edition vous place dans la peau d'un routier voulant se faire un nom dans le milieu du voyage au long cours. Le début de votre aventure vous demandera de choisir votre avatar (qui aura toujours une bonne tête de vainqueur), puis votre bahut de prédilection. N'étant pas un esthète du transport routier, c'est vers un très sculptural Iveco Stralis que mon choix s'est porté. A ce stade du jeu, vous ne pourrez que servir de chauffeur à des entreprises ayant pignon sur rue. Donc, ces premières formalités passées, vous voici lancé dans le grand bain du transport de marchandises, plus au moins lointain. Disponible dans le menu marché du travail, vous choisirez pour commencer une mission rapide se déroulant sur une courte distance et moyennement rémunérée. Cela vous permettra néanmoins de vous faire la main avec une cargaison à bas prix et surtout, un camion qui ne vous appartiendra pas. Et au début, il vaut mieux ! Alors je ne suis pas routier, et je n'ai pas le permis poids lourd mais le moins que l'on puisse dire, c'est que vos premiers mètres à bord de ces forteresses roulantes seront tout sauf sereins. Car si conduire une voiture ne demande pas de grandes aptitudes en réalité, c'est une autre paire de manches avec un véhicule qui dépassera, tracteur et remorque compris, les 16 bons mètres. Là, tout d'un coup, prendre un virage anodin en ville sans arracher un poteau ou écraser une voiture demandera autant de finesse au volant que de faculté naturelle à se repérer dans l'espace.



Et encore, nous ne parlons là que d'un véhicule allant droit devant lui ! Car quand l'heure de la marche arrière avec une remorque au cul sonnera, préparez-vous tout d'un coup à avoir un regain d’empathie pour tous ces conducteurs « maladroits », dont nous abreuvent sur le net ou à la télé, les bêtisiers ! Pour faire simple, si vous arrivez à placer correctement votre remorque dans l'emplacement demandé et sans avoir défoncé tout ce qui vous entoure en moins de 50 mouvements, vous êtes un bon ! Et je ne parle pas du nombre incalculable de fois où vous coucherez votre camion dans un fossé (bon il faut quand même y aller fort dans les virages), ou emboutirez une voiture que vous n'aurez pas vue à cause de la pluie diluvienne noyant la chaussée ! Heureusement que l'on peut faire tout cela en musique en important sa playlist, ou en écoutant une des nombreuses web radio proposées !



IVECO repreZent !

Simulation oblige, tout ce que l'on peut faire, ou doit faire avec un camion, est possible dans le jeu. Mettre ses clignotants pour tourner, ses phares pour mieux voir ou ses gyrophares quand vous transporterez certaines cargaisons hors normes, seront le b.a.-ba dans le jeu. Vous devrez en plus tenir compte des limitations de vitesse pour ne pas être flashé, des distances de sécurité car un camion avec son chargement, ça ne freine pas bien, ou encore tenir compte des temps de repos obligatoires dans cette profession ou des pleins qu'il faudra effectuer sur les longs trajets, au risque de se retrouver en panne de carburant en pleine cambrousse ! Mais vous devrez aussi respecter les délais de livraison tout en suivant scrupuleusement le code du travail, et celui de la route. Bon dit comme cela, vous allez me dire que le jeu doit être chiant au possible (NDRC : Même en relisant, je m'endors!). Oui. Mais non en fait. Alors ne me demandez pas si je suis un gros routier qui s'ignore, ou si le titre de SCS Software rend magnifiquement hommage à ces fiers chevaliers de la route, mais quand vous commencez à jouer à  Euro Truck Simulator 2, vous serez comme happé par un vortex temporel et ne verrez pas le temps défiler. Surtout que mine de rien, le jeu prend soin de nous. Déjà, il y une partie RPG dans le titre ! Bon, une fois que les intégristes de Skyrim auront fini de beugler, laissez moi vous parler des 36 aptitudes que votre chauffeur pourra développer.



Car il ne faut pas croire que l'on est arrivé au bout de la route une fois son permis en poche. Comme dans la réalité, vous devrez engranger les kilomètres au compteur pour acquérir de l'expérience, et ainsi pourvoir prétendre aux parcours les plus longs, et aux marchandises les plus coûteuses. Pour cela, chacune de vos courses vous rapportera en plus de l'argent, des points d'expérience qui vous feront gagner des niveaux. Pour chaque niveau dûment franchi, vous pourrez débloquer une des six compétences proposées, compétences pouvant être renforcées six fois de suite. Transporter des matières dangereuses, fragiles, de haute-valeur ou bien augmenter la taille des courses ou développer son éco conduite, seront  ainsi des compétences qui vous permettront d'accéder aux livraisons les plus rémunératrices du jeu. Avec l'argent que vous amasserez, vous pourrez acheter votre premier camion, et au fil des niveaux passés, le modifier tel le Jacky de base. Moteur plus puissant, nouveau châssis ou fin du fin, pare buffle auquel vous aurez ajouté des lampes longues portées et un klaxon double ton feront de votre véhicule, un véritable aigle (ou percheron c'est au choix) de la route. Et mine de rien, ce qui pourrait paraître beauf au premier abord, et qui l'est il faut bien l'avouer, rend suffisamment accro pour que l'on enchaîne « cette dernière heure de jeu, c'est promis chérie », et qui vous permettra de vous payer cette peinture bi-colore du plus bel effet. Dommage par contre qu'on ne puisse modifier sa cabine plus en profondeur, car j'aurais tellement aimé mettre ce calendrier Hors Série si cher à mes yeux de « Boobs and fishes », le magazine des filles nues et posant avec des poissons (véridique pour les photos, moins pour le nom du magazine). Mais l'argent dans le jeu ne se résume pas à faire un remake de PimpMyRide version XXL, heureusement...



JVN & Cie

En cumulant assez d'argent, ou en en empruntant à la banque (quand on vous dit que c'est une simulation), vous pourrez agrandir votre garage de base, ou en acheter d'autres à travers l’Europe, pour pouvoir engager de nouveaux chauffeurs. Vous les recruterez via les agences d'une partie de l'espace Schengen, ou directement par le bouton Pôle Emploi (sic) intégré au jeu. Il faudra alors lui fournir un véhicule que vous achèterez chez un concessionnaire de plus ou moins grosse taille, puis choisir son orientation de carrière.



Car lors de ses livraisons, le chauffeur que vous aurez embauché (et que vous pourrez bien sûr virer), glanera aussi des point d'expériences et les niveaux allant avec. Il sera alors possible de choisir une politique de formation qui privilégiera une compétence en particulier (les mêmes que les vôtres), ou bien répartir de manière équilibrée ces même points pour le rendre moyen partout. Et mine de rien, entre gérer son entreprise, l'agrandir, rembourser le prêt à la banque, entretenir ou réparer son véhicule et effectuer ses livraisons, on obtient une recette pas du tout indigeste et nous poussant de plus en plus en avant pour devenir un « gros » dans le milieu des transporteurs routiers. Cette version nommée Gold Edition contient Euro Truck Simulator 2 et tous ses patchs, qui en plus de le rendre moins bugué, redonne leurs vrais noms aux camions (sauf pour Mercedes-Benz qui reste à l'heure actuelle nommé Majestic), mais apporte principalement l’extension Going East ! qui met l'accent sur les pays et les villes de l'est. Bon maintenant que je vous ai donné envie (pas moi, le jeu...), ou totalement dégoûté pour peu que les « gros culs » de la route vous filent des boutons, parlons un peu des défautsssssss du titre...



Beau comme un simulateur d'auto école !

Malgré tout l'amour que je porte au jeu, ce dernier n'est vraiment pas exempt de défauts. Graphiquement déjà, le titre me fait penser à ses vieux simulateurs d'auto école avec une 3D balbutiante et froide (sans piétons malgré l'opton cochée), et étant censés nous faire ressentir les frissons de la conduite. Bon, je force bien évidemment le trait, les véhicules croisés, et surtout les camions, sont tout sauf moches, mais l'environnement quant à lui manque singulièrement de finesse et semble n'être qu'un copié collé perpétuel et cela, quel que soit le pays d’Europe où on se trouve. Avantage, le jeu tourne sur des petites configurations !  Dans le jeu, vous aurez de nombreuses « villes », agences de recrutement et garages à découvrir. Cette « chasse au œufs » est  plaisante, sauf que les villes se cantonnent souvent à trois pauvres rues et cinq entrepôts clonés que l'on soit en France, en Allemagne ou en Pologne. Un effort a tout de même été fait par le développeur pour proposer dans chaque grosse agglomération croisée, quelques monuments clés qui eux aussi, manquent singulièrement de finesse ! Et quand je vois le communiqué de presse nous expliquer que nous évoluons « dans des environnements photo-réalistes », je me dis que certains feraient bien d'acheter une nouvelle paire de lunettes ou carrément un labrador ! Côté code de la route, les sanctions pour son non respect sont cohérentes, mais pas toujours exemptes de bugs. Allez, « mastertips » puisqu'on est entre nous : pour ne pas se prendre une amende si vous grillez un feu rouge, changez simplement de voie en vous plaçant dans le sens contraire de circulation quand vous passez le feu ! Non, de rien, c'est cadeau.



Pour ce qui est des règles de circulation et surtout des autres véhicules, on alterne là encore entre le bon et le moins bon. Certaines fois, les voitures vous laisseront la priorité et les camions se comporteront normalement, mais d'autres fois, ce sera l'anarchie sur la route. Il n'est ainsi pas rare de voir une voiture vous doubler en bas d'une côte et donc sans visibilité et en grillant une ligne blanche de surcroît, ou bien de se faire « fumer » par un bus semblant rouler à 200 km/h (et je ne parle pas des priorités plus ou moins respectées par tout ce petit monde). Et je ne parle pas des avions dans le ciel piquant vers le sol en déchirant les nuages ! Plus généralement, je ne sais pas si c'est l'échelle du temps ou des kilomètres (100 mètres = 1 kilomètre à vue de nez dans le jeu) qui dérègle le titre, mais l'impression de vitesse semble être assez étrange au volant de son véhicule. On a ainsi l'impression dans certains endroits du jeu que son camion avance à une vitesse folle, alors qu'à d'autres occasions, on se traîne comme mamie Janine au volant de sa Ligier sans permis. Troublant. Que reprocher d'autre à cet ETS2GE ? Que toute l’Europe ne soit pas présente ? Oui, mais des DLC pourront, on le subodore, apporter quelques compléments au jeu. Autre problème pour moi, l'éclairage des véhicules. Pas assez présent sur les voitures et camions croisés de nuit, il est carrément disproportionné quand vous vous mettez en pleins phares. Mais ma principale interrogation viendra de la durée de vie du jeu. Une fois qu'on aura débloqué toutes ces aptitudes, et que son entreprise ronronnera tranquillement, aura-t-on le courage de continuer encore et encore à croître pour son simple plaisir ? Si encore un pendant multijoueur était présent pour comparer son entreprise avec celle du voisin, pourquoi pas, mais en l'état, que votre flotte soit composé de 2 ou 100 véhicules n’impressionnera au mieux, que votre entourage...



Au final, il ne manque à mon sens que la possibilité de pouvoir débuter sa carrière avec un camion plus petit (et sans remorque) pour disposer d'un courbe d'apprentissage moins abrupte, et pourquoi pas, d'incarner dans une suite un des camionneurs des convois de l'extrême pour pouvoir piloter un 38 tonnes sur une mer de glace, pour que je pré-commande un hypothétique « Extreme Truck Simulator Unleashed» dans la seconde! A noter que les moddeurs s'en donnent déjà à cœur joie pour rajouter du contenu gratuit plus ou moins délirant au titre. Vous pouvez donc être tranquille de ce côté là.



Jeu testé sur PC à partir d'une version commerciale fournie par l'éditeur

7 Commentaires

    • Syfher
    •  - 19/10/2013 - 11:49
    Avatar de Syfher

    Sérieusement ? Manu, t'es un Dieu !

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    • Manu
    •  - 19/10/2013 - 13:48
    Avatar de Manu

    Un dieu? Aux yeux de la mère alors mais pas plus! Tu as joué à cet Euro Truck Syfher?

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    • Syfher
    •  - 19/10/2013 - 11:49
    Avatar de Syfher

    Sérieusement ? Manu, t'es un Dieu !

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    • Phil
    •  - 19/10/2013 - 21:42
    Avatar de Phil

    Le pire c'est que ça donne envie ! Ca me parle plus que les Farming Simulator, qui semblent géniaux mais auxquels je ne comprends rien.

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    • Manu
    •  - 19/10/2013 - 23:50
    Avatar de Manu

    Plus qu'un jugement qualitatif bête et méchant du jeu, je me marre bien tout simplement à faire quelques sessions de pusieurs heures ! C'est hallucinant de voir à quel point le temps passe vite quand on est au volant d'un bahut. A tester très franchement. Une vraie drogue pour moi en tout cas...Et malgré ses très nombreuses lacunes.

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    • Phil
    •  - 19/10/2013 - 21:42
    Avatar de Phil

    Le pire c'est que ça donne envie ! Ca me parle plus que les Farming Simulator, qui semblent géniaux mais auxquels je ne comprends rien.

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    • gto3
    •  - 20/10/2013 - 00:51
    Avatar de gto3

    sérieusement, on est au mois d'octobre 2013 et le jeu est sorti en janvier 2013, n'y avait il pas autre chose a testé qu'un bon jeu soit, mais un jeu qui colle un peu plus à l'actualité du moment ? sinon bon test mais qui arrive un peu tard.

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