Mélange de Nintendogs et Tamagotchi, EyePet sortait l'année dernière sur PlayStation 3. Bien plus qu'une « simple » simulation animalière, le jeu de London Studio franchissait une nouvelle étape dans la relation unissant l'homme à la machine, mais aussi dans la frontière séparant le réel et l'imaginaire. Basé sur le concept de réalité augmentée, EyePet projetait dans notre salon une adorable bestiole (quelque part entre le chat et le singe) avec laquelle le joueur pouvait interagir grâce à la caméra de Sony, l'EyeToy. L'expérience s'avérait très concluante, voire même déconcertante. A tel point qu'un certain attachement parvenait même à naître avec son animal de compagnie virtuel (bien plus que dans n'importe quel autre jeu du même genre). Aujourd'hui, via la caméra de la PSP, on peut une nouvelle fois faire apparaître son EyePet dans son salon ou n'importe quelle autre pièce de son appartement. Console nomade oblige, le titre offre en effet une plus grande liberté que sur PlayStation 3. A la nuance près (elle est de taille malgré tout) que l'EyePet ne s'affiche que si l'on a posé la fameuse carte magique sur une surface (plane de préférence). Celle-là même qu'on retrouvait sur PlayStation 3 mais uniquement pour y faire apparaître des objets virtuels (entre autres) et non pas la bébête de Sony. D'où une regrettable contrainte qui annule quasiment tout l'espace de liberté apporté par la PSP. N'imaginez donc faire courir votre EyePet sur l'épaule du chauffeur de busÂ… à moins que ce dernier accepte d'y poser (en équilibre) la carte magique.
EyePet du pauvre
La déception ressentie face à cet EyePet version portable ne s'arrête pourtant pas là . L'interaction avec l'animal s'avère ici très limité. Il n'est plus possible de le caresser virtuellement ou de jouer avec lui comme s'il apparaissait réellement sur notre plancher. Sur PSP, le titre se contente de proposer des activités et mini-jeux, certes répétitifs (ça semble inhérent au genre, à l'heure actuelle), mais surtout nettement plus limités en terme d'intérêt. En effet, là où les jeunes joueurs prenaient plaisir à participer de concert avec son compagnon à poil, ici, on doit se satisfaire de voir le petit animal bouger dans tous les sens, sans pouvoir échanger avec celui-ci. Et alors que le jeu PS3 faisait souvent abstraction de la manette (bien avant Kinect), sur la portable de Sony, les commandes se révèlent indispensables pour donner des ordres à l'EyePet, ajoutant finalement une autre barrière avec ce dernier.
En plus de ça, la maniabilité, globalement simpliste, apparaît pourtant désastreuse lors des séquences en voiture sur laquelle est montée la bestiole. A cela, il faut également ajouter une technique perfectible avec une reconnaissance de la caméra défaillante (il faut impérativement un endroit bien éclairé) qui vient trop souvent perturber nos sessions de jeu. Enfin, last but not least, chaque lancement de mini-jeu ou d'une activité quelconque entraîne des temps de chargement qui, mis bout à bout, deviennent franchement exaspérants (nulle doute qu'elle aura raison de la patience des plus jeunes). En somme, vous l'aurez compris, le charme de l'EyePet n'agit plus sur PSP. Si la réalité augmentée fait son petit effet dans les premières minutes de jeu, in fine, le titre ne ressemble plus qu'à une quelconque simulation animalière, répétitive et ennuyeuse.


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