Avec son costume sur mesure, sa cravate rouge et sa corde à piano, l’agent 47 nous réapparaît comme il nous avait laissés. Certes, son visage se révèle un peu plus expressif, la texture de sa peau plus réaliste et ses mouvements se montrent encore plus fluides et chirurgicaux. Mais au fond, le personnage reste cette même ombre froide et invisible. S’il y a quelque chose de rassurant à retrouver le héros que l’on a plus ou moins aimé, cela témoigne aussi d’une certaine incapacité de la série à se renouveler, qui fait finalement sa limite. Un constat qui s’applique depuis toujours à Hitman et qu’on retrouve une nouvelle fois dans ce cinquième volet. Tout l’inverse d’un Splinter Cell : Conviction par exemple, qui n’a pas hésité à se réinventer (le design de son héros en atteste d’ailleurs), pour le meilleur ou pour le pire, peu importe. L’histoire du jeu vidéo a souvent démontré que la prospérité d’une série en passait généralement par une certaine révolution, Resident Evil 4 étant sans aucun doute l’exemple le plus marquant. Le fait est que Hitman : Absolution préfère lui jouer la carte de la continuité, au risque de lasser.
Kill Dexter
Pourtant, on sent bien qu’un effort a été réalisé pour faire évoluer la série. Le plus notable réside sans aucun doute dans sa narration. Du moins, c’est ce que le titre espère nous faire croire dans un premier temps. Car si l’intention est louable et que l’on apprécie certaines influences (Kill Bill, par exemple), le résultat ne convainc qu’à moitié. D’abord parce que les seconds rôles ne parviennent jamais à s’extraire de leurs figures stéréotypées, à l’inverse de ce que l’on peut voir dans d’autres productions comme celles de Rockstar. Surtout, malgré la volonté de jouer sur les états d’âme de l’agent 47 (mais qui s’en soucie ?), le scénario ne réussit pas à nous faire oublier sa véritable nature, celui d’un jeu vidéo où les séquences d’élimination se succèdent sans véritable lien. Nonobstant ses velléités cinématographiques (la mise en scène est soignée mais pas incroyable), Hitman : Absolution demeure cette mécanique de jeu carrée incapable de s’inscrire dans une narration digne de ce nom. Mais est-ce si important ? Pas vraiment car l’agent 47 n’a rien d’un héros, et c’est presque un contre-sens, eu égard à la série, que de vouloir le faire passer comme tel. C’est un mannequin dont on change régulièrement le déguisement (plus ou moins ridicule) à travers une succession de sketchs, qui ne manquent parfois pas d’humour. A chaque nouveau décor, une nouvelle situation qu’il appartient au joueur d’appréhender pour tenter de réaliser le score parfait (il faut pour cela ne tuer que sa cible sans se faire repérer). Et sur ce point, on ne peut pas reprocher au jeu de ne pas nous faire voir du pays puisque l’on passe du quartier de Chinatown (Chicago) à Hope, une petite ville du Dakota du Sud, en passant par un orphelinat ou bien un immense champ de maïs. La variété des environnements proposés est évidente et elle s’ajoute à un titre toujours aussi riche dans sa volonté de varier les situations.
Piégée
Pour qui connaît la série, Hitman : Absolution ne surprend donc pas. On y retrouve peu ou prou les mêmes qualités et les mêmes défauts. On prend donc toujours plaisir à analyser une scène afin de repérer le moment opportun pour passer à l’exécution mais aussi pour déceler toutes les différentes manières possibles pour parvenir à ses fins. Comme bon nombre de jeu d’infiltration, le titre demande une certaine patience. Si l’exécution d’une mission peut s’effectuer en quelques instants, il faut généralement beaucoup plus de temps pour trouver l’approche la plus efficace, celle qui vous permettra d’éliminer votre cible sans laisser aucune trace de votre passage. Pourtant, toute la partie infiltration s’appuie aujourd’hui sur des ressorts un peu vieillots qui ne laissent finalement pas tant de liberté au joueur que cela. Le jeu s’appuie un peu trop sur des scènes de dialogue entre des PNJ qu’il faut laisser aller leur terme, attendant que ces derniers se déplacent dans leurs coins respectifs pour pouvoir progresser. A vrai dire, il ressort du gameplay une certaine rigidité, rigidité d’autant plus flagrante après un titre comme Dishonored. Passé la première grande mission où le tueur à gages est plongé au milieu d’une foule impressionnante à travers laquelle il doit remplir son contrat, les autres missions peinent légèrement à se renouveler et donnent quelque fois l’impression de n’être qu’une redite de la précédente. L’intelligence artificielle déçoit aussi par sa prévisibilité (et ses incohérences), ce qui a pour effet de déteindre sur l’ensemble du gameplay, bien que ce dernier profite de quelques nouveautés.
Hitman Redemption
Le mode Instinct tout d’abord qui permet de détecter les objets avec lesquels le joueur peut interagir mais aussi de voir à travers les murs pour repérer l’emplacement de l’adversaire. Les puristes risquent de grincer des dents face à cette option mais, après tout, rien ne les oblige à l’utiliser. Autre nouveauté, l’apparition d’un système semblable à celui vu dans Red Dead Redemption, lequel permet à l’agent 47 de marquer les ennemis face à lui pour leur coller à chacun une balle dans la tête dans une séquence en slow motion. Pratique lors de certains passages, son utilisation sera toutefois défendue pour tous les joueurs désireux de réaliser la partie parfaite. A ce propos, on en vient parfois à regretter ce système de points répressifs, qui n’invite pas le joueur à se lâcher, alors que certaines séquences s’y portent bien, y compris narrativement (l’attaque des nonnes, en particulier). C’est d’autant plus dommage que dans l’action, le jeu s’en sort avec les honneurs. Une preuve supplémentaire que le titre n’ose pas s’écarter de la routine dans laquelle la licence s’est enfermée, quitte à perdre parfois en crédibilité. Si ce n’est pas pour lui que l’on jouera à Hitman : Absolution, un mot tout de même sur le mode « Contracts », qui fait office de mode multijoueur… asynchrone. Qu’est-ce donc ? Le jeu place le joueur dans diverses situations (revisitant parfois certains passages de la campagne solo) avec à la clé une ou plusieurs cibles à éliminer. Le joueur choisit lui-même la manière dont il veut s’en occuper, créant ainsi un contrat bien spécifique. Le titre se charge ensuite de compiler toutes les statistiques de la partie pour la proposer ensuite à d’autres joueurs qui devront donc tenter de faire mieux, en reproduisant la même approche. On obtient ainsi une sorte de jeu de scoring, qui a au moins le mérite d’être varié, puisque chaque mission peut être abordée différemment en fonction des participants. Si le résultat n’a rien d’exceptionnel (le gameplay reste identique au solo), on peut souligner une volonté d’offrir un multijoueur différent de ce que l’on peut voir habituellement. Mais au final, si Hitman : Absolution conserve cette singularité propre à la série (et c’est ce qui rend le jeu attachant malgré tout), il commence aussi sérieusement à montrer ses limites, voire à tourner en rond. L’agent 47 a beau changer constamment de déguisement, il revient toujours vers son costume-cravate…





Xbox One : machine arrière sur les DRM
[MàJ Officielle] Rumeur : Microsoft retirerait les DRM sur la Xbox One
Test de The Last of Us
PS3 : Ne téléchargez pas la mise à jour 4.45 !

Votre avis...Lire l’avis