Comme dans n’importe quel manga de type shônen, les ressorts scénaristiques de One Piece s’appuient essentiellement sur la castagne, et si possible sur des duels aux multiples rebondissements. Bricoler un jeu de combat comme c’est déjà le cas pour Naruto aurait été plutôt logique. Sauf que Namco Bandai a décidé ce coup-ci de s’orienter vers le beat’em all massif, à la sauce Dynasty Warriors. A l’image du récent Saint Seiya – Les Chevaliers du Zodiaque : La Bataille du Sanctuaire ou de Fist of the North Star : Ken's Rage, Luffy et son équipage doivent donc dessouder des centaines d’ennemis pour progresser. Un principe primaire mais très plaisant tant le jeu parvient à flatter nos rétines (ce cel-shading aux effets crayonnés !) tout en se montrant convaincant manette en mains. Il faut dire que le développement a été confié à Omega Force, le studio à l’origine des Dynasty Warriors, ce qui se ressent énormément dans le gameplay. Vif, percutant et blindé de tous les coups spéciaux de nos pirates favoris, il ravira les millions de fans de la série à travers le monde, d’autant que le scénario va assez loin dans la série – des débuts avec la rencontre de Zoro au passage sur l’archipel des Sabaody, pour les initiés. Puis avec des missions dites « d’Adventure » et d’autres de « Musô », la variété semble même au rendez-vous. Vraiment magnifique, fidèle à l’esprit de la série avec ses superbes animations et ses doublages japonais, et couvrant une très grande partie de l’histoire, ce One Piece : Pirate Warriors est incontournable sur le papier.
Chapeau de paille, paillasson, somnambule…
Hélas, si les débuts sont enthousiasmants et prometteurs, on se rend assez vite compte des limites du produit. Pour commencer, les niveaux Adventure souffrent de gros soucis en termes de game design, ce qui se traduit par une abondance de QTE particulièrement envahissants et pénibles à exécuter. Censés apporter du dynamisme dans la progression, ils arrivent presque à produire l’effet inverse en la hachant plus que de raison. Se servir des bras élastiques de Chapeau de Paille pour progresser dans les niveaux et assister à des séquences de voltige n’est pas une mauvaise chose en soi, mais les solliciter autant fait perdre à ces passages une bonne partie de leur intérêt. Les missions Musô, elles, se montrent plus classiques et dans la lignée de ce qu’offre un Dynasty Warriors (avec contrôle de zones, changements d’objectifs dynamiques…) mais nous ont semblé légèrement hors-sujet par rapport à l’œuvre originale. Mais le pire dans ce One Piece : Pirate Warriors vient sans conteste de son contenu rachitique. On a clairement l’impression que Namco Bandai en a gardé sous le coude pour nous préparer dans les prochains mois une suite plus longue et plus complète. Entre un mode principal qui fait l’impasse sur de gros chapitres de l’histoire, l’impossibilité de jouer le Main Log (le mode Histoire, en fait) en coopération, ou encore un Luffy qui s’y pose quasiment comme seul personnage jouable, le jeu fait clairement radin. On pourra toujours se rabattre sur l’Another Log pour jouer à deux et prendre en main plus longuement Francky, Sanji, Chopper, et les autres héros. Mais pas sûr qu’enchaîner les scénarios alternatifs dans des missions de type Musô soit ce que les fans recherchent. On n’aurait pas craché non plus sur la possibilité d’incarner les nombreux bad guys croisés dans le jeu... Bref, pour un titre dont le héros est capable d’étirer ses membres, One Piece : Pirate Warriors nous la joue clairement petit bras.






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